La file …miroir de différences culturelles

Publié le par Fettouk Noura

 

 

   L’espace est un construit social et culturel étroitement lié à un univers de représentations sociales et à un système de communication, ainsi dans l’espace sont inscrites et reproduites non seulement des fonction matérielles, mais aussi des valeurs sociales.

 

 

 

 

   En fait, chaque culture a sa propre façon de percevoir, de structurer et d’utiliser la notion de l’espace. Ce dernier  est un langage silencieux  ayant à la fois une fonction communicative et une valeur d’action.

 

 

 

 

    D’après des remarques notées en observant la file d’attente à ACIMA de Safi, les clients se comportent d’une manière parfois complètement divergente selon la différence de cultures mais parfois même pour des personnes appartenant à la même culture.

 

 

 

 

    En effet, la chose la plus évidente c’est que chacun quelque soit sa culture originale, il défend, à sa manière et selon ses normes culturelles son espace personnel. Cet espace informel /intime est invisible et flottant. Bien que les frontières de cette sphère échappe souvent en champ de notre conscience, son existence est ressentit et bien réel. C’est une sorte de   halo, d’une bulle qui nous enveloppent directement, une zone émotionnelle qui ne peut être pénétrée par autrui sans provoquer, tout de suite , une réaction de défense de notre part. c’est un  territoire personnel

 

 

 

 

   En outre, une observation de la file d’attente peut renseigner, d’une manière efficiente, sur les valeurs culturelles, les goûts, les préférences et les pratiques sociales de ceux qui les détiennent.

 

 

 

 

  Entre autre, seul l’espace informel peut être contrôlé à tout moment et en tous lieux, comme un regard ou un geste. Dans une interaction sociale, l’espace informel se manifeste par l’usage des distances que les individus établissent entre eux pour présenter leur territoire personnel. La distance interpersonnelle est donc un mode d’organisation de l’espace informel.

 

 

 

 

  En comparaissant avec les client marocains et ceux généralement d’une appartenance arabo-africaine, les occidentaux   ont besoin d’une distance interpersonnelle plus importante. Mais la remarque qui parait commune pour tous les clients, quelque soit leurs cultures originales, et le fait que quand il y’a peu de monde dans un lieu publique, on doit garder une plus grande distance interpersonnelle.

 

 

 

 

Toujours en observant le scénario de la file d’attente, il parait que les étrangers insistent à défendre leurs espaces intimes tout en maintenant une distance interpersonnelle importante. De même cette catégorie de clients est parfois dérangée par des Marocains qui leur posent des questions  curieuses  telles : qu’est ce que vous cherchez ? je peux vous aidez Monsieur ? juste pour entamer implicitement une discussion recherchée. Or, ce conflit peut être expliqué par le besoin chez les uns et l’absence de ce besoin chez les autres de disposer d’un espace personnel en vue d’assurer la protection de leur intimité.

 

 

 

 

Certains étrangers font des barrières intérieures de nature psychique que les autres sont sensés reconnaître lorsqu’ils les font fonctionner. En fait, la clientèle étrangère d’Acima refuse parfois de parler à une personne qui se trouve dans la même file d’attente, ce qui constitue, par conséquence, une sorte de forme suprême du rejet et de signe évident d’un profond mécontentement. Il s’ensuit donc que plus le client étranger reste muet plus que le client marocain se sent dans l’obligation de lui parler.

 

 

 

 

A vrai dire, le problème et que chaque culture peut avoir sa façon de classifier et de gérer les distances et posséder des structures proxémiques différentes. Par la suite, une distance définie comme intime dans une culture peut devenir personnelle ou même sociale dans une autre.

 

 

Ainsi, toutes deux inconscientes de ce qui se passe et les conséquences de tout cela sur les relations interpersonnelles, alors l’une a le sentiment d’être rejetée par l’autre qui, de son côté, se sent agressé. Par conséquent, cela permet de distinguer deux types de culture : il y’a  des cultures de haut contact et des  cultures de faible contact, en fonction des normes culturelles.

 

 

 

 

En effet, il semble que les clients marocains et arabo-africains ont besoin d’espace moindre que les occidentaux. Or, ces derniers n’ayant pas forcément les mêmes besoins de l’espace qui varient selon les individus, en fonction de leur statut social, de leur sexe, de leur âge et de leur situation.

En somme, l’espace constitue une dimension fondamentale de toute activité et expérience humaine. Et l’image que nous avons de l’espace (sa forme, sa profondeur, sa hauteur…) est le reflet réel de notre univers mental  intérieur. Il ne s’agit pas d’un reflet direct, mais d’un reflet filtré par l’esprit humain. Il s’ensuit que l’espace est une réalité existant indépendamment de la volonté de l’homme  et de cultures, est un produit de l’esprit humain qui varie d’une culture à l’autre, car la façon de le percevoir s’acquière dès l’enfance et dans un environnement éminemment social et culturel.

 

 

 

 

 

 

Publié dans CULTURE

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jamila 04/01/2007 14:46

vous ne pensez pas que la file est le reflet de nos conceptions sur la notion de la distance?
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